Tourbière

Les tourbières ne couvrent que 3 % des terres émergées, mais stockent environ deux fois plus de carbone que toutes les forêts du monde

Les tourbières, souvent méconnues, sont de vastes zones humides, situées dans les marais, les prairies inondables ou autour des étangs, remplissant des fonctions écologiques essentielles.

Elles filtrent naturellement l’eau, régulent le niveau des nappes phréatiques, limitent les risques d’inondation et surtout, elles capturent d’énormes quantités de carbone atmosphérique.

On estime que les sols tourbeux contiennent entre 40 et 50% de carbone, contre à peine 2% pour un sol forestier. Même en incluant le carbone stocké dans les troncs, les branches et les racines, la tourbière stocke deux fois plus qu’une forêt de surface équivalente. Détruire une tourbière, c’est donc relâcher dans l’atmosphère du carbone accumulé depuis des milliers d’années !

La tourbe est une matière naturelle formée très lentement au fil des millénaires par l’accumulation de matière organique non décomposée. Sa formation naturelle est extrêmement lente : pour produire seulement cinq centimètres de tourbe, la nature met près d’un siècle. Autrement dit, l’extraction industrielle de la tourbe épuise une ressource fossile qui ne se renouvelle pratiquement pas à l’échelle humaine.

Par ailleurs, l’exploitation des tourbières entraîne une forte perte de biodiversité. Ces milieux naturels abritent des zones de reproduction et des habitats essentiels pour de nombreuses espèces d’oiseaux, d’amphibiens (comme les crapauds et les grenouilles rousses), reptiles et d’insectes (libellules, papillons). De nombreuses espèces végétales protégées comme les carex, les phragmites, les sphaignes, les droseras (plantes carnivores) et bien d’autres sont dépendantes de ces écosystèmes.

A notre échelle, il est possible de changer ses habitudes et de redonner au jardinage sa dimension écologique avec des choix simples : refuser les produits contenant de la tourbe, privilégier un terreau bio sans tourbe, favoriser le compost maison et ajouter de la terre de jardin pour un sol vivant et fertile.

Castor

Longtemps considéré comme nuisible ou chassé pour sa fourrure, il a frôlé la disparition au 20ème siècle. Sauvés par des passionnés et une bonne couverture juridique : premier mammifère à avoir été protégé en 1909, on dénombre 25 000 castors en France actuellement.

Cet animal d’une vingtaine de kilos est un bâtisseur frénétique ayant une énorme influence sur l’environnement. Il est capable de transformer un paysage profondément, pour le rendre plus résistant à la sécheresse et aux inondations.

le castor protège la biodiversité : les réseaux d’eau qu’ils créent favorisent la présence d’organismes aquatiques, de papillons, d’insectes, d’oiseaux. On a mesuré localement qu’ils multiplient par trois la diversité des amphibiens, par exemple.

Les études montrent aussi que les castors adoucissent les canicules. Ils créent des poches d’eau froide, ils rafraîchissent l’atmosphère par évaporation. Des chercheurs américains ont relevé un refroidissement local de 2,3°C de l’eau, durant l’été. Ils empêchent les inondations, en ralentissant l’écoulement de l’eau. Ils bloquent les incendies en imbibant les sols et les plantes alentour : une étude a montré aux États-Unis que les zones avec des castors subissent trois fois moins de pertes de végétation lors des grands feux.

Le castor reste un animal méconnu, qui peut être mal aimé en raison des quelques dégâts qu’il peut causer à des vergers par exemple, ou en raison des modifications qu’il apporte dans le cycle de l’eau et qui peuvent impacter des zones cultivées.

Néanmoins, sa présence est bien plus bénéfique que ces quelques désagréments, et il est indispensable de cohabiter avec cette espèce considérée comme un “ingénieur des écosystèmes” qui peut nous aider à être plus résilients face au réchauffement climatique.

Abeille 🐝

Une pétition réclamant l’abrogation de la loi Duplomb a réuni lété dernier plus de 2,1 millions de signatures, franchissant largement la barre des 500 000 signatures permettant un débat à l’Assemblée nationale, donnant lieu à la censure de la réintroduction des deux pesticides : l’acétamipride et le flupyradiflurone.

Le 2 février, le sénateur Laurent Duplomb (Les Républicains) est revenu à l’offensive en déposant une nouvelle proposition de loi visant à autoriser la réintroduction des deux pesticides. La disposition la plus contestée de ce texte − la réautorisation de l’acétamipride, un insecticide néonicotinoïde toxique pour les abeilles − a été censurée par le Conseil constitutionnel « faute d’encadrement suffisant » sur la durée, la technique de traitement et les filières concernées.

un neurotoxique et tueur d’abeilles interdit en France. En s’appuyant sur la Charte de l’environnement, les Sages avaient justifié leur décision en indiquant que «chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé».

Une nouvelle pétition a été déposée. Affaire à suivre!

Loup 🐺

En 2025, le loup a officiellement vu sa protection diminuer dans l’Union Européenne par le déclassement de son statut de protection. Auparavant « strictement protégée » par les textes, l’espèce sera maintenant seulement « protégée ».

Début 2026, la ministre de l’Agriculture a annoncé une hausse du nombre de loups pouvant être légalement éliminés chaque année. Concrètement le plafond annuel de destruction va être relevé de 10%, fixant de manière pérenne le seuil à 21%, soit 22 animaux de plus.

Présenté officiellement comme un maximum à ne pas franchir pour éviter une baisse de la population, on peut s’interroger sur le fait que ce pourcentage de 21% devienne un « quota déguisé », c’est à dire un objectif à atteindre.

De fait, depuis 2019, le nombre de loups abattus se rapproche ou atteint chaque année le nombre maximal autorisé. En 2024 par exemple, 204 loups ont été tués, sur un seuil fixé à 209. L’année précédente, 207 individus avaient été abattus, sur un plafond également fixé à 209. Or, ces chiffres excluent les morts par braconnage pour les loups dont les dépouilles n’ont pas été retrouvées. 

L’augmentation du plafond s’accompagne de simplifications des conditions d’accès aux tirs létaux. Ces derniers ne seront plus soumis à l’obtention d’arrêtés préfectoraux, ni à la démonstration au préalable de l’épuisement de solutions non-létales, comme la mise en place de clôtures et de chiens de protection.

Pour les associations de protection de la nature, ces mesures de facilitation des tirs portent un sévère coup aux efforts en faveur de la coexistence entre loups et activités d’élevage.  

Organisée par l’État fin 2025, la consultation publique relative à l’arrêté fixant les nouvelles modalités de destruction du loup a pourtant recueilli plus de 32 000 contributions exprimant très largement une opposition à ces mesures.   

Chien 🐕

Les chiens sont peut-être les meilleurs amis des humains, mais aussi les «pires ennemis» des animaux sauvages. C’est ce qu’affirme une étude, menée par des chercheurs de l’université Curtin (Australie) et publiée le 9 avril dernier dans la revue scientifique Pacific Conservation Biology.

En effet, les résultats montrent que les chiens de compagnie dérangent et nuisent à la faune même lorsqu’ils sont tenus en laisse : comportement prédateur vis à vis des animaux sauvages, laissent des odeurs, urines, excréments perturbant le comportement de la faune sauvage même longtemps après leur passage.

Par ailleurs les déjections canines contribuent à la pollution des cours d’eau, peuvent inhiber la croissance des plantes. Quant aux traitements chimiques et parasitaires utilisés il y a un risque de pollution des écosystèmes aquatiques. Sans parler de l’industrie de l’alimentation pour animaux de compagnie qui a un impact carbone considérable et consomme énormément d’eau et de terre.

Le nombre considérable de chien associé au laxisme de certains propriétaires pose des questions environnementales qui ne peuvent plus être ignorées.

Cependant, les chiens restent extrêmement importants dans nos sociétés : pouvant offrir un soutien émotionnel vital, servir de guides, détecter des substances interdites ou retrouver des personnes disparues…

Terminons sur un fait historique : Jusqu’en 1971, il existait une taxe sur les chiens domestiques . Instaurée en 1855 elle avait pour objectif de lutter contre la prolifération des animaux enragés. Les propriétaires devaient se déclarer de leur plein gré en mairie et les chiens d’agrément coûtaient plus cher que les chiens de garde.

Urgence climatique 🚨

La “raison d’État”, concept hérité de Richelieu il y a quatre siècles, est-elle encore pertinente à l’heure du dérèglement climatique ?

La raison d’État est le principe politique en vertu duquel l’intérêt de l’État, conçu comme une préoccupation supérieure émanant de l’intérêt général, peut nécessiter de déroger à certaines règles juridiques ou morales, notamment dans des circonstances exceptionnelles.

Face à l’inertie coupable des décideurs politiques qui s’inclinent devant la pression des lobbys internationaux, face aux dangers multiples qui pèsent sur la question de la débâcle environnementale (atermoiements, politique de l’autruche, partisans de solutions technologiques désastreuses, de la géo-ingénierie, du transhumanisme, climato-sceptiques ou climato-négationnistes…), la société civile doit se mobiliser. Afin de venir à bout de l’impuissance ou du cynisme, David Van Reybrouck* propose de substituer à la notion de «raison d’État» celle de «raison de Terre» dont les intérêts seraient représentés par une assemblée de citoyens à l’échelle internationale.

*David Van Reybrouck, né le 11 septembre 1971 à Bruges, est un scientifique, historien de la culture, archéologue et écrivain belge d’expression néerlandaise. Il a obtenu plusieurs grands prix littéraires.