La “raison d’État”, concept hérité de Richelieu il y a quatre siècles, est-elle encore pertinente à l’heure du dérèglement climatique ?
La raison d’État est le principe politique en vertu duquel l’intérêt de l’État, conçu comme une préoccupation supérieure émanant de l’intérêt général, peut nécessiter de déroger à certaines règles juridiques ou morales, notamment dans des circonstances exceptionnelles.
Face à l’inertie coupable des décideurs politiques qui s’inclinent devant la pression des lobbys internationaux, face aux dangers multiples qui pèsent sur la question de la débâcle environnementale (atermoiements, politique de l’autruche, partisans de solutions technologiques désastreuses, de la géo-ingénierie, du transhumanisme, climato-sceptiques ou climato-négationnistes…), la société civile doit se mobiliser. Afin de venir à bout de l’impuissance ou du cynisme, David Van Reybrouck* propose de substituer à la notion de «raison d’État» celle de «raison de Terre» dont les intérêts seraient représentés par une assemblée de citoyens à l’échelle internationale.
*David Van Reybrouck, né le 11 septembre 1971 à Bruges, est un scientifique, historien de la culture, archéologue et écrivain belge d’expression néerlandaise. Il a obtenu plusieurs grands prix littéraires.

